Sauvegarder la biodiversité

Sauvegarder la biodiversité

Par biodiversité végétale, les gens entendent souvent le terme de flore, soit les espèces botaniques. Mais cela comprend également la diversité variétale, dite aussi diversité cultivée.

Au sein d'une même espèce, il existe de nombreuses variantes entre les différents individus (variabilité génétique). Cette diversité génétique a été façonnée par l'ensemble des processus d'évolution (migration, domestication...) et d'adaptation à des environnements très variés. Cette précieuse diversité a grandement évolué grâce au travail des hommes qui ont sélectionné, conservé et propagé les variétés qui avaient un intérêt pour eux, et ce depuis la Préhistoire.

On comptait à l'échelon mondial près de 15 000 variétés de pommes à la fin du XIXe siècle : que sont-elles devenues ?

Le déclin de la diversité fruitière intervient dès le début du XXe siècle et s’accélère durant l’Entre-deux Guerres. La France et l’Europe ont faim : il faut produire en grande quantité des variétés s’adaptant sur tous les sols et produisant de façon régulière.
Remembrements, culture intensive et monoculture sonnent le glas des variétés locales qui sont arrachées au profit de variétés plus modernes, souvent d’origine étrangère, à calibre homogène et peu soumises à l’alternance.

Une étude a été faite il y a quelques années et il s’est avéré que la majorité des variétés obtenues depuis les années 1950, l’ont été à partir d’un panel restreint de cinq variétés : Golden delicious, Jonathan, Granny Smith, Reinette Blanche du Canada et Red delicious.

Cette hybridation à outrance à partir d’un génome restreint entraîne forcément un appauvrissement génétique et explique la résistance de plus en plus faible des variétés dites modernes aux maladies, viroses et ravageurs.
Il nous appartient de conserver et valoriser notre héritage variétal afin de lutter contre l'érosion phytogénétique.

Sauvegarder les variétés anciennes

Les choix de conservation des variétés fruitières sont très limités. La majorité n’étant pas auto-fertiles, il faut les reproduire par voie végétative (greffe) et non par semis. On doit donc conserver les arbres vivants en verger conservatoire pour conserver la variété, d’où la difficulté. Outre qu’il nécessite un vaste terrain, le verger conservatoire demande aussi un entretien régulier pour s’assurer de l’état sanitaire des arbres en place.
Un verger conservatoire assure la pérennité des variétés en limitant l'érosion génétique. Il doit être conçu comme un lieu de conservation et d'observation et non pas seulement comme le musée d'un patrimoine moribond. Il permet l'étude, la description et la propagation des variétés, en multipliant les vergers conservatoires on diminue également les risques de destruction et de maladie.


Mise à jour le mercredi 18 juillet 2012